BLOG DE L'AMBASSADE DE L'ETAT DE PALESTINE AU MALI ET AU BURKINA FASO

30 janvier 2011

الاتحاد الإفريقي يجدد الدعم لفلسطين

أديس أبابا 28-1-2011 وفا-

اعتمدت قمة الاتحاد الإفريقي، المنعقدة منذ الأمس في العاصمة الأثيوبية أديس أبابا، بالإجماع، مشروع القرار الخاص بفلسطين والشرق الأوسط، والمتكون من 19 بندا.

 

ويدعو مشروع القرار المجتمع الدولي إلى تحمل مسؤولياته تجاه الاستيطان الإسرائيلي بكافة أشكاله باعتباره مخالفا للشرعية الدولية.

 

كما أكدت القمة دعمها لمنظمة التحرير الفلسطينية في مسعاها لدى الأمم المتحدة للحصول على اعتراف دولي بدولة فلسطين، داعية دول العالم قاطبة إلى الاعتراف بدولة فلسطين على حدود عام 1967.

وكان نمر حماد المستشار السياسي للسيد الرئيس محمود عباس، ألقى كلمة بالنيابة عن السيد الرئيس ثمن فيها دعم الاتحاد الإفريقي للشعب الفلسطيني وقيادته .

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11 janvier 2011

DEMOLITION DE L’HOTEL SHEPHERD A JERUSALEM-EST (AL QODS)

Bamako, le lundi 10 janvier 2011

 

Communiqué de Presse :

DEMOLITION DE L’HOTEL SHEPHERD A JERUSALEM-EST (AL QODS)


«Israël poursuit ses efforts pour nettoyer Jérusalem de ses habitants palestiniens, son patrimoine et son histoire ». Dr Saeb Ereqat

 

L’Ambassade de l’Etat de Palestine au Mali dénonce avec fermeté la démolition à Jérusalem-Est, de l'Hôtel Shepherd, connu aussi sous le nom de l’Hôtel du Berger. Il s’agit d’une propriété privée palestinienne qui a été construite par Haj Amin Al-Husseini, le Grand Mufti de Jérusalem et leader du peuple palestinien dans les années 1930. Occupée par les britanniques, ce bâtiment est devenu un Hôtel par la suite et a marqué l’histoire du quartier arabe de Sheikh Jarrah. Cet acte barbare est contraire au droit international, viole les droits de l’Homme et la IVe Convention de Genève de 1949. Il a été lancé depuis hier matin par les autorités d’occupation israéliennes qui visent à vider Jérusalem-Est, et le quartier de Sheikh Jarrah, en particulier, de ses habitants palestiniens, de son patrimoine et de son histoire.


Les autorités occupantes israéliennes ont confisqué depuis 1967  la propriété et l'ont transféré à la Banque israélienne de Dépôt des Biens dit des « Absents » alors que la famille Al Husseini continue de réclamer son bien. Elle a ensuite été revendue illégalement au Milliardaire juif américain Irving Moskowitz qui soutient la colonisation et construit des milliers d’unités immobilières pour les colons. A sa place, les autorités d’occupation préparent la construction d'un établissement résidentiel juif de 90 unités de logement.  


Jérusalem-Est est la cible permanente d’une campagne israélienne visant à expulser de force les Palestiniens et à les supplanter par des colons juifs. Pendant que Netanyahu poursuit sa campagne de relations publiques en ce qui concerne le processus de paix, il évolue rapidement sur le terrain, pour empêcher la création d'un Etat palestinien souverain. Appliquant un programme politique visant à hypothéquer toute solution sur Jérusalem, Israël continue de changer le paysage de Jérusalem-Est visant à modifier son statut, son caractère historique et culturel en la transformant en une ville exclusivement juive.   

Les plans israéliens à Sheikh Jarrah, sont semblables à ceux de Silwan, du Mont des Oliviers, de Ras Al Amoud, Al Issawiya et d'autres quartiers de Jérusalem-Est, et visent à créer un anneau de colonies de peuplement afin de consacrer la rupture de la vieille ville, du reste de Jérusalem-Est occupée et de la Cisjordanie. Il faut savoir qu’aujourd’hui, plus de 280.000 colons vivent à Jérusalem-Est et dans les secteurs voisins de Cisjordanie qu'Israël a annexés à la municipalité de Jérusalem après 1967.

 
 

L’Ambassade de l’Etat de Palestine rappelle que ces actions unilatérales et barbares sont illégales sapent la solution de deux Etats, et les efforts américains pour relancer les négociations et la paix. Ce processus de nettoyage et de colonisation doit être arrêté pour changer la sombre réalité de l'occupation israélienne par la création d’un État palestinien, viable, libre et souverain, avec Jérusalem-Est comme capitale. Il ne s’agit plus de simples déclarations et condamnations, désormais, il faut passer aux actes.


L’Ambassade de l’Etat de Palestine au Mali appelle le Mali, ainsi que les gouvernements des pays frères d’Afrique et l’ensemble de la Communauté Internationale, à prendre une position ferme et à mettre fin à l’impunité d’Israël et son système d’apartheid.   

 

 

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08 janvier 2011

Vœux du corps diplomatique au chef de l’Etat :

ESTIME MUTUELLE ET CONFIANCE RENOUVELÉE

                   

Les partenaires apportent un accompagnement  précieux dans tous les secteurs prioritaires de développement.


La traditionnelle série de présentation des vœux au président de la République s’est poursuivie hier. Après les notabilités, les leaders religieux, le gouvernement, les institutions de la République, les forces armées, la société civile et la presse, c’était hier au tour des diplomates et des représentants des organisations internationales accrédités dans notre pays de présenter leurs vœux au chef de l’État, Amadou Toumani Touré. La cérémonie s’est déroulée au palais de Koulouba en présence du Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, dont le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, et son homologue des Maliens de l’extérieur, de l’Intégration africaine et de la Santé. Badara Aliou Macalou.

Comme d’habitude, la parole est revenue au  doyen du corps diplomatique, le Palestinien Abderrahim Ahmed Abou Rabah. Celui-ci a noté que ces dernières années, le Mali a enregistré des avancées notables en terme de développement humain durable.  Les actions du président Amadou Toumani Touré ont couvert tous les domaines prioritaires de développement : éducation, santé, eau potable, emploi, souveraineté alimentaire, désenclavement, renforcement des infrastructures énergétiques, transport, communication, habitat, appui au secteur privé, artisanat, tourisme, paix, sécurité, relations extérieures. "Vous et votre gouvernement n’avez cessé depuis des années de persévérer et de multiplier les initiatives et les réalisations dans le but de parvenir à un développement économique et social qui soit une réalité tangible pour chaque Malien", a estimé le doyen des diplomates.

Il a, par ailleurs, salué la réussite de la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance. Une indépendance que le peuple malien a su obtenir à l’instar d’autres peuples de la région, grâce à son courage, son sens de la dignité et de la solidarité.

Depuis, le Mali poursuit son chemin de construction en direction d’une émergence et d’un rayonnement régional et international qu’il avait connu dans un passé plus lointain. Abderrahim Ahmed Abou Rabah a loué les efforts du chef de l’État et son engagement et sa persévérance dans la lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose, le paludisme, la méningite et la poliomyélite. Un engagement et une persévérance qui ont permis la gratuité des antirétroviraux, la construction d’hôpitaux à Sikasso et à Bamako, de centres de santé communautaire et de deux centres dédiés à la lutte contre le cancer et la drépanocytose, le lancement de la campagne de vaccination. Le diplomate palestinien a félicité le président de la République et l’ensemble du gouvernement pour les efforts consentis dans la lutte contre le Vih/Sida. Aujourd’hui, le Mali occupe le troisième rang en Afrique en matière de prise en charge des malades du sida. Cette dynamique est le résultat de l’engagement du chef de l’État qui a été le porte-étendard de l’Afrique à la réunion de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à New York en octobre dernier. Cette rencontre s’est soldée par l’affectation à l’Afrique d’un financement de 11,7 milliards de dollars soit environ 5 850 milliards de Fcfa. "Une illustration de la confiance et du leadership dont vous jouissez sur la scène internationale", a ajouté le porte-parole des diplomates. L’éducation a également été au cœur des actions du président et du gouvernement, a noté Abderrahim Ahmed Abou Rabah tout en saluant les efforts  en faveur du renforcement et de l’amélioration des capacités d’accueil et des infrastructures pour offrir des conditions idoines de travail aussi bien pour les élèves que pour le corps enseignant. À titre d’exemple, notera-t-il, plus de 212 milliards de Fcfa ont été alloués cette année par l’État à l’éducation, un des piliers du développement.

Le doyen du corps diplomatique a rendu hommage au président Touré pour son engagement en faveur de la paix sur le continent. "Quand le Mali donne l’exemple, il le donne par sa démocratie exemplaire et par sa recherche constante de la paix. La Charte de Kurukanfuga nous montre que ces valeurs structurent la société et la culture maliennes depuis plus de 7 siècles. Vous incarnez cette démarche malienne de recherche constante d’une paix durable dans un pays uni et prospère et qui inspire l’Afrique", a ajouté l’ambassadeur de Palestine.

Le président Touré a remercié l’ensemble des partenaires pour la qualité de nos relations. « Ce rendez-vous, a-t-il dit, est l’occasion de vous renouveler notre amitié et notre gratitude pour les concours inestimables, dont le Mali continue de bénéficier de la part de vos pays et institutions ». Le chef de l’État a souligné que l’accompagnement des partenaires au développement avait permis la construction d’infrastructures de développement telles que des ponts, des routes, des centres de santé, des écoles. Amadou Toumani Touré n’a pas manqué d’évoquer les foyers de tension qui couvent sur le continent. Autres problèmes cruciaux : le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne avec son corollaire de prises d’otages, de trafic de drogues et de cigarettes, la crise ivoirienne. Voilà autant de défis qui menacent la stabilité de nos pays. Comme il l’a toujours soutenu, le chef de l’État a répété que l’ampleur de ces menaces exige une réponse collective. Il s’est félicité du bon déroulement du processus électoral en Guinée et du référendum sur la nouvelle constitution au Niger.

Le président de la République a rendu hommage au président palestinien Mahmoud Abbas pour son courage et pour toutes les actions qu’il a entreprises depuis des années en faveur d’une paix juste avec Israël. Fidèle à ses convictions et principes, notre pays soutien avec force la création d’un État palestinien.


Publié par l'Essor le Mardi 4 janvier 2011 - Lassine Diarra

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05 décembre 2010

Le Brésil reconnaît l'Etat palestinien dans ses frontières de 1967

LE BRÉSIL RECONNAIT L'ÉTAT PALESTINIEN DANS SES FRONTIÈRES DE 1967


Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a informé le président de l'OLP, Mahmoud Abbas, que le Brésil reconnaissait l'État palestinien dans ses frontières de 1967, dans une lettre publiée le 3 décembre par le ministère brésilien des Affaires étrangères.

Lula soutient « la légitime aspiration du peuple palestinien à un Etat uni, sûr, démocratique et économiquement viable, coexistant de façon pacifique avec Israël ».


Tout juste un mois avant de quitter la présidence du Brésil, le président Lula vient donc de décider de reconnaître formellement l’État de la Palestine. La diplomatie brésilienne a rendu cette décision publique le 3 décembre en conformité dit-elle, avec les résolutions de l’ONU qui exigent la fin de l’occupation des territoires palestiniens et la construction d’un État indépendant sur la base des frontières du 4 juin 1967, c’est-à-dire avant la guerre des Six jours.

Il s’agit d’une décision politique forte du Brésil qui rejoint la position juste de pays pionniers en la matière comme le Mali!



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29 novembre 2010

JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN


JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN



Lamine Arfang Senghor, un des leaders internationalistes et anti-impérialistes africains, déclarait le siècle passé : « Les Palestiniens ne sont pas seuls : ils ont avec eux le monde des opprimés ».

 

PALESTINE - MALI
30 ANS DE RELATIONS DIPLOMATIQUES ET FRATERNELLES



Alpha Oumar Konare : « Le Mali ne sera jamais gagné par la lassitude dans son soutien au peuple palestinien qui aspire à la paix et à un État indépendant et viable ».

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Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien

 

Message de S.E le Président Mahmoud ABBAS, Président de l’Etat de Palestine, Président du Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine, Président de l’Autorité Nationale Palestinienne, à l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien.

(Traduction non officielle)


S.E Mr. Ban KI-MOON, Secrétaire Général des Nations Unies,

S.E Mr Joseph DEISS, Président de l’Assemblée Générale des Nations Unies,

S.E Sir Mark Lyall GRANT, Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies,

S.E Mr l’Ambassadeur Abdou Salam DIALLO, Président du Comité des Nations Unies pour l’Exercice des Droits Inaliénables du Peuple Palestinien,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Alors que vous commémorez la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, j’ai le plaisir de transmettre à votre réunion au siège de l’ONU et, à travers vous, à la Communauté Internationale entière, les salutations les plus chaleureuses du peuple palestinien et de ses dirigeants ainsi que notre profonde gratitude pour votre solidarité avec notre peuple et pour votre soutien dans sa lutte pour la réalisation de ses droits inaliénables et l’établissement d’une paix juste, globale et durable au Moyen Orient.

Je voudrais également exprimer notre profonde appréciation des efforts menés par S.E le Secrétaire Général des Nations Unies, Mr Ban KI-MOON, ainsi que ceux menés par le Comité pour l’Exercice des Droits Inaliénables du Peuple Palestinien et son Président, efforts visant à rétablir les droits du peuple palestinien, à mettre fin à leur souffrance et à apporter la paix dans la région. Votre important rôle contribue de manière claire et efficace à la promotion de la solidarité internationale avec notre cause et du soutien des nobles aspirations de notre peuple à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance.

Depuis ses débuts, les Nations Unies ont continuellement fait face à et assumé leurs responsabilités vis-à-vis de la question palestinienne jusqu’à sa résolution dans tous ses aspects à travers la fin de l’occupation israélienne de nos terres et lieux saints et en permettant à notre peuple de décider de sa destinée conformément aux résolutions de la légalité internationale et au consensus mondial. Les Nations Unies ont adopté de nombreuses résolutions basées sur la Charte des Nations Unies et le Droit International, notamment le Droit International Humanitaire. Bien que ces résolutions n’aient été exécutées jusqu’à ce jour à cause du refus et de l’intransigeance d’Israël, elles restent valides et constituent jusqu’à présent les fondements de la protection des droits de notre peuple et la base nécessaire à l’accomplissement de la justice, ce qui est un pré-requis à la réalisation de la paix. Nous voudrions rappeler ici que les résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de Sécurité constituent la base pour le processus de paix au Moyen Orient.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Il est une réalité qui ne peut ni être ignorée ni être niée, il s’agit de l’injustice historique infligée au peuple palestinien et qui perdure. Il est également une autre réalité, à savoir que nous, Organisation de Libération de la Palestine, avons, durant de nombreuses années, mené notre lutte avec un grand réalisme. Depuis 1974, nos conseils nationaux ont reconnu le principe de la résolution du conflit sur la base de la solution de deux Etats et au travers des négociations. Notre peuple a déclaré l’indépendance de l’Etat de Palestine et proposé l’initiative de paix palestinienne en 1988 et a fait une concession historique et douloureuse dans le but d’arriver à une paix qui garantisse ses droits par l’établissement d’un Etat palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est sur les frontières du 4 Juin 1967.

Mais la base de tout progrès vers un règlement pacifique est le principe du partenariat et de l’entente sur les termes de référence juridiques ainsi que le respect des accords conclus dans le but de résoudre les problèmes imposés par l’héritage de ce long, amer et sanglant conflit. Ce partenariat doit comprendre les préoccupations légitimes de l’autre et poser les assises d’un avenir nouveau et différent pour les peuples palestinien et israélien.

Je dois souligner ici que le partenaire palestinien continuera à être un partenaire réel, non pas pour embellir la face laide de l’occupation mais pour mettre fin à cette occupation. De plus, les négociations doivent être justes et conduire à un accord clair et duquel résulte un réel engagement, et cela ne veut pas dire que la partie la plus puissante, Israël, puisse avoir la permission de nous imposer constamment sa volonté. Notre engagement est ferme et fort quant à la réalisation d’une paix globale qui conduise à deux Etats viables – l’un existe déjà, Israël, et l’autre doit parvenir à son indépendance, l’Etat de Palestine – sur les frontières du 4 Juin 1967.

Dans ce cadre et sur la base de notre détermination à parvenir à la paix, nous avons répondu aux initiatives et efforts américain et internationaux pour la reprise du processus de paix et des négociations entre nous et Israël suite à une période d’interruption. Avec l’aide de nombreuses parties, arabe et internationale, nous avons pu sortir de l’impasse dont était victime le processus. Nous avions espéré que la reprise des négociations sur les questions des statuts finaux et un règlement définitif, après avoir écarté les obstacles auxquels ils faisaient face, aurait constitué un sérieux et véritable départ pour la réalisation d’une paix et d’une sécurité authentiques et durables entre nous et Israël. Pour que cela se produise, il faut aborder la détérioration du processus de paix, créer une atmosphère appropriée, construire des ponts de confiance entre les deux côtés.

Cela ne peut se faire que par le respect des termes de référence du processus de paix tels que définis par les résolutions de la légitimité internationale, par l’Initiative de Paix Arabe, la vision de deux Etats et l’application stricte et honnête des accords signés. Cela requiert de mettre un terme, de manière décisive et finale, à la campagne vicieuse de colonisation israélienne des Territoires Occupés Palestiniens, y compris Jérusalem-Est qui constitue une bombe à retardement qui pourrait détruire à tout moment tout ce que nous avons construit sur le chemin de la paix.

La confiscation des terres, l’expulsion des citoyens palestiniens de leurs maisons et la construction du Mur d’annexion et d’Apartheid, qui est condamnée internationalement, doit cesser. Les palestiniens prisonniers dans les prisons israéliennes doivent être libérés. Le siège injuste et inhumain imposé à notre peuple à Gaza doit être levé. Le transfert illégal de civils israéliens dans les Territoires Occupés Palestiniens, y compris Jérusalem-Est, doit être arrêté, car il ne peut y avoir de coexistence entre les activités coloniales et la paix. Les colonies sont une manifestation flagrante et agressive de l’occupation et de la mentalité expansionniste. Alors que la paix implique la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien, l’engagement à appliquer, dans la lettre et l’esprit, les résolutions de la légitimité internationale, le principe de la terre contre la paix, la solution de deux Etats et la feuille de route.

Il est impossible d’atteindre une paix réelle, durable et globale si elle n’est pas basée sur les résolutions de la légitimité internationale, qui appelle Israël à se retirer totalement des Territoires Occupés Palestiniens et Arabes. L’alternative est de glisser davantage dans l’inconnu. La trajectoire du processus politique doit être corrigée, l’érosion des négociations doit être arrêtée et l’engagement vis-à-vis des obligations du processus de paix juste et durable doit être réaffirmé. Cela est exigé par la justice et la loi internationale, et c’est ce qui conduira à la paix et non pas la prise en compte d’une soi-disant paix économique et de soi-disant considérations pratiques basées sur ce qui peut être « accepté » par la force occupante, état de fait qui a sapé le processus de paix et les perspectives de sécurité et de stabilité pour la région.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Ce qui pourrait éteindre le feu de la violence et contrôler les tendances extrémistes est de faire un pas courageux vers les négociations du statut permanent afin de parvenir à des accords pratiques et justes qui mettent fin à l’occupation de nos terres et de nos lieux saints et qui apportent une stabilité solide à une région qui est pleine de tensions qui constituent des sources d’éruptions à la fois visibles et cachées. C’est pour cela que nous rejetons toutes les actions unilatérales prises par Israël, la force occupante, et demandons leur cessation immédiate puisqu’elles affectent les questions des statuts finaux et constituent une tentative réelle de déterminer unilatéralement la carte de la solution finale. J’adresse donc mes mots à travers vous à la Communauté Internationale entière. Nous devons retenir les leçons des échecs précédents des efforts internationaux visant à obliger Israël à mettre fin à ses politiques de colonisation et ses pratiques d’agression qui ont causé tant de dommages au processus de paix et sapé la crédibilité d’une paix avec notre peuple.

Le cœur de ce conflit sont les activités d’occupation et de colonisation et il est temps pour le monde de traiter ce conflit à ses racines par l’arrêt de l’occupation et en permettant la réalisation de l’indépendance de l’Etat de Palestine, qui nous espérons, tel que l’a déclaré le Président Obama à l’Assemblée Générale en Septembre, sera un nouveau membre actif et reconnu des Nations Unies d’ici l’année prochaine tout en vous assurant que les Nations Unies et la légitimité internationale demeureront le sanctuaire et la référence de toutes nos décisions dans le cas d’un échec des négociations pour lesquelles, nous vous l’assurons, nous ne ménagerons aucun effort en vue de leur succès.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le peuple palestinien tient son inébranlable foi de la justesse de sa cause et de votre soutien et du soutien et de la solidarité de tous nos frères et amis qui désirent le succès du processus de paix. Nous avons donc besoin de vos efforts continus et de ceux des co-sponsors du processus de paix, notamment le Président Obama, la Fédération de Russie, l’Union Européenne, le Japon, la Chine, le Mouvement des Non-Alignés, l’Organisation de la Conférence Islamique ainsi que les frères arabes et tous les amis de par le monde et en particulier ici aux Nations Unies.

Je suis totalement convaincu, alors que nous sommes au seuil de la célébration d’une nouvelle année, que la souffrance de notre peuple prendra fin. Je suis également sûr que le renouvellement et la confirmation de votre solidarité et de votre soutien envers notre peuple, particulièrement en ce moment, renforcera notre volonté indéfectible. De même qu’elle sera renforcée par votre soutien envers notre position juste et nos efforts sincères visant à établir une paix juste, durable et globale dans la région – une paix durable et bien établie ; une paix basée sur la justice, l’équité, l’égalité, le respect mutuel et une coopération créative ; une paix qui garantisse aux peuples de la région la sécurité, la stabilité et la prospérité et qui garantisse la liberté et l’indépendance au peuple palestinien ; une paix qui tournera la page du passé avec ce qu’il contient de douleurs, de répression et souffrance ; une paix qui ouvre sur une nouvelle ère de coopération et de coexistence dans une région où il y aura de l’espoir, la sécurité et des perspectives d’un avenir meilleur pour tous nos enfants.

Nous vous renouvelons à tous notre gratitude et notre appréciation pour vos bons efforts et votre solidarité ferme et constante avec la cause de notre peuple. Et je renouvelle mon message au peuple israélien que notre main est encore capable de tirer le rameau d’olivier des décombres et elle restera tendue pour une paix juste en vue d’assurer un avenir sûr pour nos enfants et leurs enfants.

Que la paix soit sur vous.

 

Mahmoud ABBAS.

Président de l’Etat de Palestine

Président du Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine

Président de l’Autorité Nationale Palestinienne 

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06 novembre 2010

L’ÉGLISE PRÔNE PLUS DE JUSTICE ET LE DROIT INTERNATIONAL AU MOYEN ORIENT

L’ÉGLISE PRÔNE PLUS DE JUSTICE


ET LE DROIT INTERNATIONAL


AU MOYEN ORIENT

 

Dakar, le 4 Novembre 2010

 

Confrontés à la violence que génèrent les conflits géopolitiques régionaux et internationaux, la survie des chrétiens d’Orient semble chaque jour remise en cause en Irak, au Liban et en Palestine. En réponse à cette violence, le phénomène de la migration chrétienne illustré par la diminution du nombre des citoyens chrétiens dans la région du Moyen-Orient, s’amplifie de jour en jour. Il est dû en grande partie, à la montée des intégrismes dans la région conjuguée avec la pression insoutenable de l’occupation israélienne. Il y a quelques jours, 58 personnes ont été tuées dans la prise d’otage de la Cathédrale Syriaque Catholique Notre-Dame de la Délivrance, à Bagdad, et des colons extrémistes s’en prenaient à des églises en Palestine occupée. Cette pression est en train de réduire comme peau de chagrin la taille des communautés historiques des chrétiens d’Orient dont la diversité et l’importance étaient autrefois significatives. Cette véritable hémorragie humaine constituerait le signe avant-coureur de la disparition de la présence chrétienne dans cette région du monde qui la vit naître, il y a plus de 2000 ans.  

 

L’examen du processus d’émigration massive des chrétiens d’Orient soulève des interrogations plus profondes que certains intellectuels et hommes politiques tendent à éluder. Il ne s’agit pas seulement de faire le constat de l’affaiblissement inexorable de la présence chrétienne au Moyen-Orient. Mais il faut aussi souligner que vider la région de ses habitants chrétiens équivaut, à la priver de sa diversité civilisationnelle et historique, en desséchant spirituellement la région pour la mener vers plus de fanatisme et d’extrémisme, et pour alimenter le fameux «choc des civilisations» si utile pour justifier la violence. En effet pendant des siècles, le Moyen Orient avait aussi pour particularité de regrouper les chrétiens d’Orient au sein de nombreuses églises et courants du christianisme dans une diversité et un dynamisme extraordinaire. Ainsi, à Jérusalem, il y a encore plus de 13 Églises et 3 patriarches. A Taybeh, un des villages palestiniens entre Jérusalem et Ramallah, il se trouve trois églises de rites différents : catholique romain, catholique grec et grec orthodoxe. Pourtant, Taybeh a perdu la moitié de sa population chrétienne en trente ans. De même, le nombre des chrétiens palestiniens à Jérusalem-Est (Al-Qods) ne dépasse guère 11 mille, soit à peine 7,1 % des habitants palestiniens arabes établis dans la ville, alors qu’en 1944, leur nombre était d’environ 39.000. Dans l’ensemble, en Terre sainte, la population chrétienne ne représente plus que 2 ou 3 % de la population totale.

 

C’est après la visite du Saint Père en Palestine et en Irak, en mai 2009, et partant du triste constat de la situation des chrétiens d’Orient, que le Vatican décida de consacrer un synode à ce sujet. Celui-ci vient de se tenir à Rome, dans le Palais du Vatican. Ce synode s’est ouvert le 10 octobre 2010, sur le thème « Communion et Témoignage ». Il visait à prendre le pouls réel de la situation des chrétiens d’Orient, trouver des solutions aux divisions des chrétiens entre eux et répondre aux défis de demain. Pour la première fois, nous avons pu assister à la participation des responsables catholiques des différents rites et des différents pays du Moyen-Orient pour « parler de ce qui les concerne », tout en étant aussi attentifs à la présence « orthodoxe et protestante ». C'était une première « communion » et beaucoup espèrent que cette démarche ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

 

Au cours de ce synode et après plus de deux semaines de travail, de nombreuses décisions importantes ont été prises, démontrant une très bonne compréhension des questions qui entravent la vie des chrétiens d’Orient et la Paix dans la région. En réponse à cette situation préoccupante, plus d’une quarantaine de propositions, allant de la Bible, à la paix en passant par la langue arabe et le statut de la femme, ont été élaborées, votées et adoptées à la majorité des deux tiers par les pères synodaux. Ces derniers ont accordés une grande importance aux aspects géopolitiques, cause fondamentale de la précarité de chrétiens d’Orient. Prenant acte de la situation dans leur message final, les évêques réunis ont clairement espéré qu’une paix entre Israéliens et Palestiniens sur la base de la coexistence de deux Etats devienne réalité et ont souhaité que cesse l'exode des chrétiens.

 

1- Critique de l’occupation israélienne et de la politique de colonisation en Palestine

Certaines décisions du synode méritent toute notre attention et l’une des plus importantes concerne la Palestine. Réuni au Vatican, le synode des évêques pour le Moyen-Orient, a demandé samedi 30 octobre 2010, dans son message final, adressé à la communauté internationale, de mettre fin à l'occupation israélienne « des différents territoires arabes » en faisant appliquer les résolutions des Nations-Unies. Les évêques présents à Rome ont lancé un appel, « en particulier à l’ONU pour qu’elle travaille sincèrement à une solution de paix juste et définitive dans la région, et cela par l’application des résolutions du Conseil de sécurité et la prise des mesures juridiques nécessaires pour mettre fin à l’occupation des différents territoires arabes par Israël ». Selon le synode, c’est la seule et unique façon de garantir au peuple palestinien « une patrie indépendante et souveraine (où) […] vivre dans la dignité et la stabilité » et à Israël de « jouir de la paix et de la sécurité au-dedans des frontières internationalement reconnues ». 

 

Lors de ce synode, si les évêques n’ont pas manqué de reconnaitre « les souffrances et l'insécurité » des Israéliens, ils ont insisté sur la vie des chrétiens de Palestine directement menacée par l’occupation militaire israélienne, pointant l’intolérable injustice subie par les Palestiniens, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Dans leurs travaux, les pères synodaux détaillent les conséquences de l’occupation militaire israélienne. Avec force exemples et illustrations des brimades et persécutions quotidiennes endurées par le peuple palestinien comme si les accords d’Oslo et de Washington n’avaient jamais existés. En effet, les palestiniens pâtissent continuellement du manque de liberté de circulation, imposé par le mur dit de séparation et les barrages militaires. Ils souffrent les démolitions de leurs maisons, les perturbations de la vie sociale et économique. Enfin, ils vivent depuis des décennies entre les villes bouclées, les camps de refugiés et les prisons israéliennes.  

 

C’est aussi par ces actes que se déploie de façon pernicieuse l'injuste violence envers les chrétiens de Palestine, dont la vie quotidienne est rythmée par les obstacles érigés par l’occupation israélienne afin de les empêcher d’aller au travail, à l’école ou à l’hôpital, d’aller prier ou visiter les lieux saints. A titre d’exemple, les chrétiens de Jérusalem-Est (Al Qods) qui subissent les mêmes affres que leurs frères musulmans, ne peuvent ni construire de nouvelles maisons, ni restaurer leurs anciennes demeures. Ils vivent séparés de leurs proches des autres régions de la Palestine, et sont assujettis à des lois arbitraires et à des taxes abusives qui les poussent hors de la ville sainte les contraignant à renoncer à leurs biens et à leurs droits sur cette terre. Quant à ceux établis dans les autres régions de la Palestine, notamment en Cisjordanie, ils vivent dans une grande prison, cernés par le mur de la sécurité israélienne qui se révèle être plutôt le mur de la ségrégation raciale et de l’annexion.

 

Il s’agit vraisemblablement du premier document du Saint-Siège, qui évoque aussi clairement les conséquences de l'occupation militaire israélienne, constituant selon les prélats l'une des principales causes de l'émigration des chrétiens de Palestine, de l’amoindrissement de leur liberté de mouvement et de la situation économique très difficile qu'ils subissent. Tout cela n’est plus supportable pour les chrétiens palestiniens et l’avenir est bien sombre et incertain pour les jeunes générations chrétiennes du Moyen Orient. Malgré cela, le synode n’a pas manqué d’exhorter les chrétiens à ne pas vendre leurs propriétés dans la région, car elles restent « vitales pour ceux qui restent là et pour ceux qui, un jour, reviendront ».

 

2- La question de Jérusalem :

Un autre point particulièrement intéressant soulevé par les participants du synode, est la situation de la ville sainte de Jérusalem et en particulier les initiatives unilatérales israéliennes qui menacent sa composition et risquent de modifier son équilibre démographique, culturel et social. En conséquence, le synode reprend l'appel du Vatican à l'octroi d'un statut spécial à Jérusalem : « La ville sainte de Jérusalem pourra obtenir le statut juste qui respectera son caractère particulier, sa sainteté et son patrimoine religieux, pour chacune des trois religions, juive, chrétienne et musulmane». Cela constitue une référence directe du synode, sans la citer, à la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies qui avait condamné, en novembre 1967, l’« acquisition de territoire par la guerre » et avait demandé le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés » à l’issue de la Guerre des Six jours. Cette résolution a été suivie de plusieurs autres de la même inspiration mais sans effets jusqu’à ce jour. 

 

3- Déconstruire les mythes :

Au cours de ce synode exceptionnel, les prélats réunis ont aussi jugé nécessaire de déconstruire des mythes qui cautionnent les injustices au Moyen-Orient. Ainsi, l'occupation israélienne de la terre de Palestine ne peut se fonder sur les Saintes Écritures. Ils ont clairement reproché à Israël d'invoquer le concept biblique de Terre promise ou de peuple élu pour justifier le retour des juifs en Israël et le déplacement des Palestiniens, la colonisation à Jérusalem ou revendiquer des territoires. L’archevêque de l'Église grecque melchite, Cyrille Salim Bustros a conclu : « Nous, chrétiens, ne pouvons parler de Terre promise pour le peuple juif. Il n'existe plus de peuple élu. Tous les hommes et les femmes sont devenus le peuple élu ». 

 

4- L’usage de la langue arabe dans le cadre des institutions du Saint-Siège :

Enfin, le synode a été très fortement francophone preuve du dynamisme de la langue française au Moyen-Orient, toutefois, il préconise la promotion de la langue arabe afin qu’elle devienne une des langues d’usage du Saint-Siège. La langue arabe constitue, en effet, non seulement un lieu de communion, de témoignage et de mémoire chrétienne, mais aussi de pont entre les différentes églises ainsi qu’avec les musulmans. Dans la proposition 21, les pères synodaux expliquent comment « l'expérience du Synode pour le Moyen-Orient a mis en lumière l'importance de la langue arabe, surtout que celle-ci a contribué au développement de la pensée théologique et spirituelle de l'Église universelle, et plus précisément le patrimoine de la littérature arabe chrétienne ». 

 

Alors que nous nous trouvons dans un contexte international complexe, avec la regrettable intransigeance israélienne, frein à la paix, ce synode s’est déroulé dans un véritable esprit de communion. Il s’est attaché à mettre en place les éléments d’une paix réelle au Moyen-Orient et d’un avenir meilleur pour les chrétiens de la région et du monde, sur la base des principes de justice, de paix et de dialogue.

 

Comprenant que l’administration israélienne continuera de se montrer incapable de s’engager franchement sur la voie de la paix, et voudra poursuivre de force une démarche colonisatrice qui se fonde sur l’unilatéralisme, le synode a lourdement insisté sur la responsabilité internationale et la nécessité de vivre en paix dans des frontières acceptées de tous. De sages paroles qui, nous l’espérons, seront entendues en hauts lieux.

 

 

Anas ABDERRAHIM

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08 octobre 2010

Forum Mondial en Palestine : l’éducation comme moyen de résistance

Du 28 au 31 octobre 2010, le Forum Mondial de l’Education (FME) se tiendra pour la première fois en Palestine.

 

Plusieurs centaines d’organisations se rassembleront pour évoquer la question de l’éducation à travers le monde, et plus particulièrement en Palestine. Deux ans après l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, qui avait détruit ou endommagé 278 écoles, cette mobilisation mondiale revêt une importance majeure.

 

Depuis 42 ans, l’occupation israélienne continue de paralyser le système éducatif palestinien. Fermeture ou destruction des écoles, arrestation des professeurs ou des enfants, difficulté de circulation dans les Territoires palestiniens ou pour se rendre à l’étranger, passage de "checkpoints" ou du Mur pour se rendre dans son école ou université : étudier normalement dans les Territoires palestiniens est extrêmement difficile.

 

Le Mur empêche ainsi professeurs et étudiants du reste de la Cisjordanie de se rendre dans les écoles de Jérusalem faute d’un permis. A Hébron, les écoliers de la vieille ville font face à l’hostilité constante des colons israéliens. Pour les étudiants de la bande de Gaza, la situation est encore pire. Récemment 40 000 étudiants n’ont pas pu intégrer les écoles gérées par les Nations unies faute de matériaux permettant la reconstruction des écoles détruites. Il y a peu le matériel scolaire a été autorisé à entrer dans la bande de Gaza après trois ans d’interdiction.

 

Malgré cette situation, le taux de scolarisation dans les Territoires palestiniens reste très élevé. La société civile, en palliant les manques dus à l’occupation israélienne, a joué un rôle majeur dans la scolarisation des enfants palestiniens. Le Forum qui aura lieu dans plusieurs villes palestiniennes, en Israël (avec des associations palestiniennes d’Israël) et au Liban est l’expression de sa volonté de résister à l’occupation par l’éducation.

 

Le FME réunira des milliers d’éducateurs et éducatrices, enseignants, étudiants, universitaires, journalistes, syndicats d’enseignants, militants de l’éducation et d’autres personnes actives à l’échelle locale, régionale ou internationale. Ensemble, ils échangeront sur les enjeux de l’éducation, leurs expériences et les moyens de mettre en pratique et de développer le droit à l’éducation.

L'Ambassade de l'État de Palestine au Mali espère que les participants africains arriveront à se rendre sur place malgré les obstacles posés par Israël. Ils pourront à leur retour rendre compte à leur collègue de la situation et renforcer la coopération entre la société civile africaine et celle de Palestine.


 

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Charles Enderlin sous les feux croisés

Publié le jeudi 7 octobre 2010


Pascal Boniface

 

Le 30 septembre 2000, une fusillade éclate dans la ville palestinienne de Netzarim. Un père et son enfant essaient de s’abriter mais l’enfant est atteint par des tirs et va mourir. La scène a été filmée par un cameraman de France 2 et sera diffusée sur cette chaîne pour être reprise par pratiquement toutes les télévisions du monde. Le petit Mohamed El Dura devient le symbole de l’enfant innocent tué par les soldats de Tsahal, les tirs provenant des positions de l’armée israélienne.

 

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Ces images suscitent une immense émotion, l’armée israélienne ne conteste pas la présentation de France 2, mais peu à peu l’affaire va prendre une autre dimension, et c’est le journaliste responsable du reportage, Charles Enderlin, qui va être mis au banc des accusés.

 

Charles Enderlin n’est pas n’importe qui : c’est un journaliste extrêmement réputé, parfait connaisseur du Proche-Orient et contre qui il est à priori difficile de porter l’accusation d’antisémitisme puisqu’il a notamment la double nationalité franco-israélienne. Depuis plus de dix ans, Charles Enderlin subit des attaques professionnelles et des menaces sur lui et sa famille qui l’ont amené à déménager plusieurs fois et à bénéficier d’une protection.

 

Les images avaient été filmées par un cameraman palestinien contre lequel les services israéliens n’avaient jusqu’ici jamais émis le moindre doute. Une théorie du complot va se mettre en route. De la même manière que certains ont nié l’existence des attentats du 11 septembre, certains vont développer la théorie d’une mise en scène expliquant que l’enfant n’a pas été tué et qu’il vit tranquillement en Jordanie, ou qu’il l’a été par les Palestiniens afin de prendre une position victimaire. Charles Enderlin a reçu de la part d’organisations juives extrémistes le prix Joseph Goebbels, initiative sympathique pour quelqu’un dont une partie de la famille a disparu dans les camps de la mort du nazisme, et plusieurs fois sa tête a été demandée à son employeur. Heureusement, la direction de la rédaction de France 2 n’a jamais cédé. C’est toute cette histoire que Charles Enderlin raconte dans son livre, Un enfant est mort (Éditions Don Quichotte) ; les dix ans de galère, d’accusation, de pression, de harcèlement moral et professionnel, tous les éléments sont là et la démonstration de Charles Enderlin est implacable.

 

Son livre et son histoire suscitent plusieurs interrogations. Comment expliquer que cette mort ait pu prendre une telle importance. La journaliste d’Europe 1, Catherine Nay, en a peut-être livré l’explication lors d’un éditorial, disant que cette photo allait faire écho à celle de l’enfant juif du ghetto de Varsovie. Elle a aussitôt été attaquée violemment et on a publiquement tiré la conclusion qu’elle n’évoquerait plus jamais le conflit israélo-palestinien. Des enfants tués par l’armée israélienne au cours d’opérations militaires, il y en a eu des centaines, mais la force de l’image est telle que la mort en direct d’un seul enfant a plus d’impact que celle dont on rend compte en quelques lignes dans les journaux.

 

Deuxième source de réflexion : s’il n’est pas étonnant que des extrémistes, à l’image de Philippe Karsenty qui fait de la chasse à Charles Enderlin une raison de vivre et un moyen de subsistance, que la ligue de défense juive ou l’ex-journaliste Luc Rosenzweig devenu propagandiste extrémiste (dont on peut lire des mails absolument délirants dans le livre) aient attaqué le journaliste de France 2, il est beaucoup plus surprenant qu’il ait été partagé par des personnalités dites modérées ou se disant attachées à la paix. Alain Finkielkraut, l’ex-ambassadeur israélien en France redevenu historien Elie Barnavi, ou le président du Crif, Richard Prasquier, ont également participé sans état d’âme à cette chasse à l’homme. On a même vu deux journalistes réputés, Denis Jeambar, à l’époque à la tête de l’Express, et Daniel Leconte, l’incontournable producteur d’Arte, faire une démarche auprès d’Arlette Chabot pour mettre en cause Charles Enderlin. Ils auraient souhaité que cette démarche reste purement confidentielle ce qui ne fut pas le cas.

 

Il y a bien sûr la volonté de faire un exemple et d’empêcher la critique d’Israël sur un plan moral. Charles Enderlin livre également une autre explication à la formidable campagne dont il a été la victime. Plus encore que son reportage sur la mort d’un enfant, ce sont ses livres et documentaires sur l’échec du processus de paix et la reprise du conflit qui sont en cause. Charles Enderlin a fait un travail historique remarquable des événements qui ne sont contestés par aucun des acteurs qu’il a pour la plupart vu longuement. Ses conclusions tendent à prouver que, contrairement à ce que vont essayer de faire croire le gouvernement israélien et ses partisans et relais médiatiques, ce n’est pas Yasser Arafat qui a décidé d’interrompre les négociations et de relancer l’Intifada, mais que c’est bien la répression des manifestations ayant fait plusieurs morts, le lendemain de la visite d’Ariel Sharon le 28 septembre 2000 sur l’Esplanade des mosquées, qui est venue susciter une colère incontrôlée. C’est sans doute cette démonstration historique qui est reprochée à Charles Enderlin. Il a dit la vérité, il est normal qu’il soit exécuté.

 


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22 février 2010

Interview de Mahmoud Abbas dans le Monde

Mahmoud Abbas : "J'ai peur du retour de la violence"

LE MONDE | 20.02.10 | 14h10  •  Mis à jour le 20.02.10 | 14h10

Ramallah Envoyé spécial


Mahmoud Abbas est président de l'Autorité palestinienne depuis 2005. Il est en visite à Paris les dimanche 21 et lundi 22 février.

Votre gouvernement poursuit le développement économique de la Cisjordanie, mais le processus politique est bloqué. Croyez-vous à la possibilité d'ouvrir des discussions avec Israël ?

Quand nous parlons du développement économique, nous parlons aussi de sécurité. Tout le monde reconnaît que nous avons fait un excellent travail. S'agissant de la piste politique, les Américains ont proposé des "discussions de proximité", et nous leur avons posé des questions : la première concerne les "termes de référence" de ces discussions, la deuxième le calendrier. Et la troisième se résume ainsi : si ces discussions échouent, quelle sera la position américaine ? Quand nous aurons obtenu les réponses, ce qui n'est pas encore le cas, nous les examinerons, y compris au sein de la Ligue arabe.

Si les termes de référence, pour les Palestiniens, c'est un Etat dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, n'est-ce pas préempter le résultat des négociations ?

Non, nous ne faisons que reprendre la "feuille de route" (2003), qui a été acceptée par tout le monde. Elle mentionne deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant et viable à côté d'Israël, la fin de l'occupation (israélienne>, les résolutions des Nations unies, y compris l'Initiative de paix arabe (2002).

Pensez-vous que les Israéliens se satisfont du statu quo ?

Nous sommes arrivés à cette conclusion dans le passé. Aujourd'hui, les Américains lancent ces discussions de proximité, et nous verrons si eux-mêmes aboutissent à la même conclusion.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, va-t-il accepter de reprendre les négociations là où vous vous étiez arrêtés avec son prédécesseur, Ehoud Olmert ?

C'est exactement ce que nous demandons, et ce qu'ils ne veulent pas. Pendant les négociations avec M. Olmert, Condoleezza Rice (la secrétaire d'Etat) nous a confirmé la position de Washington concernant les frontières et les territoires occupés. Ceux-ci sont composés de la bande Gaza, de la Cisjordanie, c'est-à-dire Jérusalem-Est, la mer Morte et la vallée du Jourdain. Les deux parties ont dit d'accord. Le jour d'après, M. Olmert et moi avons commencé à confronter nos positions concernant les échanges de territoires. Malheureusement, nous n'avons pas pu conclure. Donc je demande aux Américains : "Etes-vous d'accord avec les positions confirmées par Condoleeza Rice ?" S'ils ne le sont pas, les Israéliens vont nous dire : "Recommençons à zéro !"

Comment envisagez-vous ces discussions ?

Si nous recevons une réponse positive, nous les reprendrons sur la base, bien sûr, du principe selon lequel rien n'est acquis tant que tout n'est pas acquis. En commençant par la question des frontières, parce que si ce problème est réglé, cela voudra dire que la question des colonies, celle de Jérusalem, et celle (du partage) de l'eau seront également réglées.

Si les discussions ne reprennent pas, peut-il y avoir une réaction populaire palestinienne violente ?

S'il n'y a pas de perspectives d'avenir, j'ai peur que la population fasse d'autres choix. Pour le moment, nous contrôlons la situation, du moins en Cisjordanie. Si les gens ne croient plus que l'avenir leur apportera un Etat palestinien, s'il y a un blocage, alors j'ai peur qu'ils retournent à la violence.

L'autre perspective, c'est votre démission ?

Je n'ai pas parlé de démission, mais d’élections. Que nous soyons parvenus ou non à des progrès, lorsque le temps des élections arrivera, je ne me représenterai pas.

Ce qui vous laisse du temps...

Si le Hamas signe le document de réconciliation palestinienne, elles auront lieu le 28 juin. Le problème est que le Hamas croit que des pays arabes vont l'aider à faire accepter des modifications à ce document. Or nous n'en accepterons aucune.

Pensez-vous que les Israéliens puissent faire des concessions sans pression américaine ?

Non, en effet, je ne crois pas qu'ils s'y résoudront sans les bons offices des Etats-Unis. Nous attendons donc d'autres initiatives des Américains. Nous comptons sur le président Obama, comme nous comptons sur le président Sarkozy. Le président français veut jouer un rôle, et je pense qu'il le peut, parce qu'il est à la fois ami des Palestiniens et des Israéliens.

Si des discussions reprennent, vous négocierez pour la seule Cisjordanie ?

Non, au nom de tout le peuple palestinien. Je représente l'ensemble du peuple palestinien, celui de Cisjordanie comme de Gaza. Je suis le président du comité exécutif de l'OLP. Tout le monde le reconnaît, y compris le Hamas.

La réconciliation palestinienne signifierait un gouvernement d'union nationale avec des ministres du Hamas. Les Israéliens et les Américains en veulent-ils ? Les Israéliens n'en veulent pas parce que la situation actuelle leur donne une excuse pour dire qu'il n'y a pas d'interlocuteur palestinien, un prétexte pour le statu quo. Quant aux Américains, je pense qu'ils veulent la réconciliation, même s'ils ne font pas confiance au Hamas.

 

Propos recueillis par Laurent Zecchini

 

 

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