22 février 2010
Interview de Mahmoud Abbas dans le Monde
Mahmoud
Abbas : "J'ai peur du retour de la violence"
LE MONDE |
20.02.10 | 14h10 • Mis à jour le 20.02.10 | 14h10
Ramallah
Envoyé spécial
Mahmoud Abbas est président de l'Autorité palestinienne depuis 2005. Il est en visite à Paris les dimanche 21 et lundi 22 février.
Votre gouvernement poursuit le développement
économique de la Cisjordanie, mais le processus politique est bloqué. Croyez-vous
à la possibilité d'ouvrir des discussions avec Israël ?
Quand nous parlons du développement économique, nous
parlons aussi de sécurité. Tout le monde reconnaît que nous avons fait un
excellent travail. S'agissant de la piste politique, les Américains ont proposé
des "discussions de proximité", et nous leur avons posé des
questions : la première concerne les "termes de référence" de
ces discussions, la deuxième le calendrier. Et la troisième se résume ainsi :
si ces discussions échouent, quelle sera la position américaine ? Quand nous
aurons obtenu les réponses, ce qui n'est pas encore le cas, nous les
examinerons, y compris au sein de la Ligue arabe.
Si les termes de référence, pour les Palestiniens,
c'est un Etat dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale,
n'est-ce pas préempter le résultat des négociations ?
Non, nous ne faisons que reprendre la "feuille de
route" (2003), qui a été acceptée par tout le monde. Elle mentionne deux
Etats, avec un Etat palestinien indépendant et viable à côté d'Israël, la fin
de l'occupation (israélienne>, les résolutions des Nations unies, y compris
l'Initiative de paix arabe (2002).
Pensez-vous que les Israéliens se satisfont du statu
quo ?
Nous sommes arrivés à cette conclusion dans le passé.
Aujourd'hui, les Américains lancent ces discussions de proximité, et nous
verrons si eux-mêmes aboutissent à la même conclusion.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou,
va-t-il accepter de reprendre les négociations là où vous vous étiez arrêtés
avec son prédécesseur, Ehoud Olmert ?
C'est exactement ce que nous demandons, et ce qu'ils
ne veulent pas. Pendant les négociations avec M. Olmert, Condoleezza Rice (la
secrétaire d'Etat) nous a confirmé la position de Washington concernant les
frontières et les territoires occupés. Ceux-ci sont composés de la bande Gaza,
de la Cisjordanie, c'est-à-dire Jérusalem-Est, la mer Morte et la vallée du
Jourdain. Les deux parties ont dit d'accord. Le jour d'après, M. Olmert et moi
avons commencé à confronter nos positions concernant les échanges de
territoires. Malheureusement, nous n'avons pas pu conclure. Donc je demande aux
Américains : "Etes-vous d'accord avec les positions confirmées par
Condoleeza Rice ?" S'ils ne le sont pas, les Israéliens vont nous dire
: "Recommençons à zéro !"
Comment envisagez-vous ces discussions ?
Si nous recevons une réponse positive, nous les
reprendrons sur la base, bien sûr, du principe selon lequel rien n'est acquis
tant que tout n'est pas acquis. En commençant par la question des frontières,
parce que si ce problème est réglé, cela voudra dire que la question des
colonies, celle de Jérusalem, et celle (du partage) de l'eau seront également
réglées.
Si les discussions ne reprennent pas, peut-il y avoir
une réaction populaire palestinienne violente ?
S'il n'y a pas de perspectives d'avenir, j'ai peur que
la population fasse d'autres choix. Pour le moment, nous contrôlons la
situation, du moins en Cisjordanie. Si les gens ne croient plus que l'avenir
leur apportera un Etat palestinien, s'il y a un blocage, alors j'ai peur qu'ils
retournent à la violence.
L'autre perspective, c'est votre démission ?
Je n'ai pas parlé de démission, mais d’élections. Que
nous soyons parvenus ou non à des progrès, lorsque le temps des élections
arrivera, je ne me représenterai pas.
Ce qui vous laisse du temps...
Si le Hamas signe le document de réconciliation
palestinienne, elles auront lieu le 28 juin. Le problème est que le Hamas croit
que des pays arabes vont l'aider à faire accepter des modifications à ce
document. Or nous n'en accepterons aucune.
Pensez-vous que les Israéliens puissent faire des
concessions sans pression américaine ?
Non, en effet, je ne crois pas qu'ils s'y résoudront
sans les bons offices des Etats-Unis. Nous attendons donc d'autres initiatives
des Américains. Nous comptons sur le président Obama, comme nous comptons sur
le président Sarkozy. Le président français veut jouer un rôle, et je pense
qu'il le peut, parce qu'il est à la fois ami des Palestiniens et des
Israéliens.
Si des discussions reprennent, vous négocierez pour la
seule Cisjordanie ?
Non, au nom de tout le peuple palestinien. Je
représente l'ensemble du peuple palestinien, celui de Cisjordanie comme de
Gaza. Je suis le président du comité exécutif de l'OLP. Tout le monde le
reconnaît, y compris le Hamas.
La réconciliation palestinienne signifierait un
gouvernement d'union nationale avec des ministres du Hamas. Les Israéliens et
les Américains en veulent-ils ? Les Israéliens n'en veulent pas parce que la situation
actuelle leur donne une excuse pour dire qu'il n'y a pas d'interlocuteur
palestinien, un prétexte pour le statu quo. Quant aux Américains, je pense
qu'ils veulent la réconciliation, même s'ils ne font pas confiance au Hamas.
Propos
recueillis par Laurent Zecchini
Interview de Salam Fayyad à la Croix
Interview de Salam Fayyad à la Croix
La Croix : Vous avez
présenté un programme pour la création d’un État palestinien d’ici à 2011. En
l’absence de négociations avec Israël, envisagez-vous de déclarer cet État de
manière unilatérale ?
Salam Fayyad : La déclaration
d’indépendance n’est pas ma préoccupation. L’important est de faire de l’État
palestinien une réalité et de bâtir des institutions de gouvernement solides et
efficaces. Personne ne le fera à notre place. Nous avons aussi besoin d’un
horizon politique pour un règlement du conflit. Les deux vont de pair.
Ce programme de deux ans vise à créer suffisamment de faits accomplis quant à
notre capacité à gouverner, dans les domaines de la sécurité, la justice, les
finances, pour que tout le monde, du Brésil à la Chine, puisse constater que
les Palestiniens ont un État de fait. Si d’ici à la moitié de l’année 2011, le
processus politique échoue à mettre fin à l’occupation, alors la réalité de
l’édification d’un État palestinien sera suffisamment avancée pour s’imposer.
C’est le pari que nous prenons.
Même si votre action ne s’étend qu’aux
seules zones contrôlées aujourd’hui par l’Autorité palestinienne ? À quoi
ressemblerait cet État palestinien, sans Gaza, sans Jérusalem-Est ?
Attendre que l’alignement
des étoiles soit parfait pour avancer est le meilleur moyen de ne rien faire.
Il faut travailler et avoir confiance dans la dynamique créée par notre action,
même si les conditions ne sont pas idéales, comme à Gaza. En 2007, peu de gens
pensaient que nous pourrions rétablir la loi et l’ordre en Cisjordanie ? Nous
l’avons fait. Nous devons en finir avec cette culture de doute et de
résignation et prendre conscience de ce que nous sommes capables de réaliser.
En deux ans, un millier de petits projets ont été lancés, pour l’essentiel en
Cisjordanie. Dès que le siège de Gaza sera levé et que le pays sera réunifié,
nous le ferons aussi à Gaza.
Ces projets s’étendent-ils aux localités
de Cisjordanie classées en zone C, sous souveraineté israélienne ?
Bien sûr ! J’étais
mardi dans la vallée du Jourdain et la semaine dernière avec les bédouins pour
inaugurer une école sous tente, près de Jéricho. Les permis israéliens sont
difficiles à obtenir. Si nous avons un permis, très bien. Si nous n’en avons
pas, on s’en passe. Notre agenda n’est pas secret : il s’agit d’exercer notre
droit à vivre sur notre terre.
Est-ce la raison pour laquelle le
président israélien Shimon Peres parle de vous comme du « David Ben Gourion
palestinien » ?
Israël a été fondé en
1948, mais dans les faits, les institutions de l’État étaient prêtes avant la
déclaration d’indépendance. Cela a marché pour eux et cela peut aussi marcher
pour nous. Pourquoi pas ?
À cette différence près que les Israéliens
ont gagné leur État au fil de l’épée, contre les Britanniques et contre les
Arabes. Êtes-vous prêt à faire la guerre ?
Je le dis clairement
et sans ambiguïté : mon programme (NDLR : en finir avec l’occupation, établir
l’État) est basé sur la non-violence. Cette région a connu suffisamment de
guerres. Nous sommes maintenant engagés sur le chemin de la non-violence et
nous y croyons. Mon programme stipule que la Palestine sera « un État pacifique
rejetant la violence et engagé pour la coexistence avec ses voisins ». Je me
déplace beaucoup, dans les camps de réfugiés, dans les communautés de bédouins
et je sens que ces mots sont en train de porter.
Cette stratégie est pourtant critiquée, y
compris par des dirigeants palestiniens pour lesquels vous manquez
d’agressivité ?
Je crois que ma méthode
est la seule possible pour parvenir à notre but. En déployant nos forces de
sécurité dans les villes palestiniennes alors que l’armée israélienne conserve
le droit de rentrer à sa guise, nous avons pris le risque d’être vus comme des
collaborateurs et des supplétifs des Israéliens. C’était un prix politique à
payer. Croyez-moi, quand nous aurons notre État, ce sera parce que cette
approche, et aucune autre, aura réussi.
L’Autorité palestinienne a été secouée
cette semaine par un scandale touchant le chef de cabinet de Mahmoud Abbas.
Aucun dirigeant palestinien n’a jamais été traduit en justice alors que le
procureur général a dit, en 2006, avoir en sa possession une liste étayée de
faits de corruption. Qu’attendez-vous pour agir?
Il faut distinguer la perception
et la réalité de la corruption. Pendant de nombreuses années, l’Autorité
palestinienne a été systématiquement accolée au mot « corruption ». Quels que
soient nos efforts dans ce domaine, nous continuons à souffrir de cette
réputation. Cependant, j’admets que le système judiciaire n’a pas répondu de
manière adéquate aux incidents de corruption. Des progrès doivent être faits.
Notre objectif final est trop important pour être mis en danger par des
dysfonctionnements dans le système judiciaire.
Les Territoires palestiniens ont connu une
croissance économique de près de 7 % l’an dernier, malgré une situation
désastreuse à Gaza, grâce à une aide internationale importante. Faut-il parler
d’une économie sous perfusion ?
L’État palestinien ne
pourra pas être continuellement dépendant de l’aide extérieure. Nous avons déjà
réduit l’aide budgétaire de 1,3 milliard d’euros en 2008 à 1 milliard d’euros
en 2009, et cette tendance se poursuivra en 2010. Ceci étant dit, si l’économie
palestinienne est libérée des restrictions qui l’entravent, le siège de Gaza ou
les barrages en Cisjordanie, nous pourrions connaître une croissance à deux
chiffres sur une longue période.
Les Israéliens disent avoir levé une
partie de ces barrages ?
C’est vrai. Ils ont
commencé à le faire l’été dernier, mais beaucoup plus doit être fait pour
convaincre le secteur privé d’investir. Israël doit aussi lever les obstacles
fonctionnels, comme l’obligation d’obtenir des permis. C’est moins visible que
les barrages, mais imprévisible pour les entrepreneurs.
Serez-vous candidat à la succession du
président Mahmoud Abbas ?
(Rires). La seule
chose à laquelle je suis candidat, c’est ce projet d’État. Rien d’autre.
Recueilli par Karim LEBHOUR, à Ramallah
Cet entretien a été réalisé mercredi 17
février avec d’autres confrères de la presse écrite (Libération,
L’Express) et de la radio (RFI).
03 janvier 2010
GAZA, 3 ANS D'ASPHIXIE
COMMUNIQUE DE PRESSE DE L'AMBASSADE DE L'ETAT DE PALESTINE AU MALI
Ce début de semaine marque le premier anniversaire du
déclenchement de l’agression israélienne contre les Palestiniens de la Bande de
Gaza. Cette agression militaire tragique avait débuté le 27 décembre 2008 et
s’était poursuivie jusqu’au 18 janvier 2009.
L’armée israélienne avait mis en œuvre toute sa brutalité
technologique et militaire pour détruire les moyens de résilience d’une
population palestinienne déjà asphyxiée par deux années de siège total, par
terre, air et mer.
Les bombardements massifs, l’usage pourtant prohibé des
charges à phosphore blanc, les destructions, le massacre de plus de 1417
victimes palestiniennes lors des frappes (majoritairement des civils, avec 313
enfants et 116 femmes, et plus de 53000 habitations totalement ou partiellement
détruites) et le décès de plus de 300 personnes à l’issue des combats, sont
venus s’ajouter aux effets désastreux du bouclage du territoire, et cela au vu
et au su de toute la communauté internationale.
Les Nations-Unies ont depuis explicitement endossé le
rapport Goldstone grâce à l’effort de pays amis. Ce rapport met clairement en
cause Israël et demande la levée du bouclage de la Bande de Gaza. Il affirme
sans ambages que l’armée israélienne a commis des crimes de guerre (en
bombardant des édifices des Nations-Unies et des écoles de l’Unrwa à Gaza, et
en utilisant des enfants comme bouclier), voir même des crimes contre
l’humanité.
Malgré l’indignation mondiale, des organisations
internationales, des organisations non-gouvernementales et de la communauté
internationale, le gouvernement d’extrême-droite israélien, n’a toujours pas
levé le blocus sur la Bande de Gaza, empêchant toute reconstruction des
habitations et édifices détruits tels que les maisons, écoles, hôpitaux et
réseaux d’assainissement.
Dans leur dernier rapport, 16 Ong dont Oxfam
international, le CCFD-Terre Solidaire, Amnesty international, accusent la
communauté internationale de trahir la population palestinienne de la Bande de
Gaza qui reste la plus grande prison à ciel ouvert. Ce rapport rappelle que
près de 2,8 milliards d’euros d’aides ont été annoncées en faveur de la
reconstruction du territoire exsangue de Gaza après la violence des agressions
qui firent plus de 600.000 tonnes de décombres. Seulement 41 chargements de
matériaux de construction ont été autorisés par Israël durant cette année,
bloquant des milliers de chargement et empêchant la reconstruction. Israël
interdit à la population civile, ainsi qu’aux Ong et aux Nations-Unies
d’importer des matériaux de construction nécessaires à la reconstruction comme
le ciment, le fer et le verre.
En conséquence, plus de 20.000 habitants continuent de
vivre loin de chez eux sous tentes ou décombres de leurs maisons, 90 % des
palestiniens de Gaza subissent des coupures de courant (environ 8heures par
jour) et des coupures d’eau dont seulement 5 à 10 % est potable. En outre, la
destruction des entreprises et du tissu industriel de base a intensifié le
chômage. Et près de la moitié des terres agricoles sont inexploitables du fait
des dégâts causés par le passage des chars et blindés israéliens, mais surtout
des effets du phosphore et de l’uranium appauvri utilisés par l’armée
israélienne.
L’Ambassade de l’Etat de Palestine rappelle aux peuples
et aux gouvernements de la sous-région, la gravité de la situation pour la
population palestinienne, et condamne le refus permanent d’Israël de lever le
bouclage de Gaza après 3 ans de bouclage. Elle engage la communauté
internationale à poursuivre ses efforts afin d’obtenir la levée de ce blocus
inhumain. Elle appelle à l’arrêt des menaces israéliennes sur la paix et la
sécurité du peuple palestinien et l’arrêt total de la colonisation et de
l’expansion des colonies de peuplement contraire au droit international et à la
4ème Convention de Genève notamment après l’agression de ce samedi à
Naplouse et Gaza visant à déstabiliser les services palestiniens de sécurité et
la stabilité en Cisjordanie.
En effet, ce
vendredi, l’armée d’occupation israélienne a lancé des raids meurtriers dans la
ville de Naplouse contrôlé par l’Autorité Nationale Palestinienne. Durant ces
raids l’armée d’occupation a assassiné de sang froid et sans sommation devant
leur famille 3 membres du Fatah. Il s’agit de développements graves qui démontrent
encore une fois la volonté israélienne de créer d’avantage de tensions et de
faire exploser la situation. Le
Gouvernement israélien, dans sa réunion du dimanche 27 décembre 2009, a décidé
de reprendre partiellement la construction de plusieurs centaines d’unité dans
les colonies à l’intérieur et autour de Jérusalem-Est (Al-Quds).
Le Gouvernement israélien n’a aucunement l’intention
d’appliquer les accords déjà signés pour la paix. Israël n’a aucun intérêt à la
paix, il provoque la violence et cherche à poursuivre le génocide du peuple
palestinien dans une impunité totale.
Le 1er janvier 1965, le peuple palestinien
déclencha sa révolution et sa lutte armée de libération contre l’occupation
coloniale israélienne. Depuis 45 ans, le peuple palestinien sous la Direction
de l’Organisation de Libération de Palestine poursuit cette lutte par le combat
et par le rameau d’olivier pour sa liberté, son indépendance et la souveraineté
de l’Etat Palestinien Indépendant avec Al Quds (Jérusalem-Est) comme capitale.
Le peuple palestinien vaincra.
Fait à Bamako, le 28 décembre
2009
Communiqué paru dans l'édition du 31 décembre 2009 de l'Essor, quotidien national du Mali
21 décembre 2009
La TV israélienne confirme le vol d’organes des Palestiniens
La télévision israélienne a confirmé la véracité de l’article paru sur
le journal suédois « Aftonbladet », sur le vol d’organes des
Palestiniens tués à l’issue d’accrochages avec l’armée israélienne,
pour les greffer sur les corps des soldats israéliens blessés.
Des
organes comme la cornée, les muscles, et la peau du dos ont été
prélevés sur des Palestiniens sans l’accord de leurs familles.
Bien
que des médecins légistes israéliens aient récusé le trafic d’organes,
une vidéo tournée par Jehuda Hiss, responsable de médecine légale,
dévoilée après dix ans, montre la manière selon laquelle les organes
ont été prélevés sur des corps des Palestiniens et ce qui se passait
dans les salles obscures d’autopsie.
Depuis les années 80 jusqu’en
2000, où Hiss était responsable audit institut et supervisait alors
toutes les opérations, des organes étaient prélevés sur des
Palestiniens pour qu’ils soient greffés sur les corps des malades
israéliens.
Selon la loi israélienne, il est interdit de
prélever des organes sur des morts sans l’accord de leurs familles,
mais les médecins légistes israéliens autopsiaient les corps et
prélevaient des organes, de leur propre chef sans en informer les
familles. (…). Les plaintes des familles ont commencé, selon la
télévision israélienne, dans les années 90. Mais Jehuda Hiss, qui ne
pensait pas que la vidéo qu’il a filmée allait tomber entre les mains
de la presse avant sa mort, a toujours nié le vol d’organes.
Le
ministère de la santé israélienne a affirmé, en réaction à cette vidéo,
que tout ce qui a été fait, l’était conformément à la loi.
Dimanche 20 Décembre 2009
http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/la-tv-israelienne-confirme-le-vol-dorganes-des-palestiniens/id-menu-957.html
18 décembre 2009
Murmures er rumeurs : Cité administrative : Ytelcom vendu aux Israéliens
Il
y a deux ans nous parlions de cette société. Spécialisée dans les
télécommunications, elle avait pu décrocher un important contrat au
niveau de la cité
administrative provoquant l’ire des Libyens qui sont non seulement les
bailleurs mais qui voyaient cette partie du travail retirée à une de
leurs sociétés. Pour près de 7 milliards, Ytelcom devait s’occuper de
toutes les installations téléphoniques et sécuritaires à l’intérieur du
site de la cité administrative. Mais voilà que nous apprenons que cette société de droit français vient de changer de mains.
Comment contourner ce nouveau problème surgi de nulle part ? Il semble que les travailleurs et leur encadrement de Ytelcom vivant au Mali ne souhaiteraient pas se laisser faire. Ayant les compétences, étant sur le site depuis le début, ils envisageraient de s’organiser afin de demander au ministère de l’Equipement et des Transports de leur refiler le marché. Ce qui serait du domaine du possible dans la mesure où les délais sont tenus et la Cité est promise à la l’inauguration le 22 septembre 2010, pour le cinquantenaire de notre indépendance.
La Nouvelle République
18-12-2009
15 décembre 2009
Leïla Shahid : petits pas et lourdes menaces sur la Palestine
Françoise Germain-Robin
15 Décembre 2009
La représentante de l’Autorité palestinienne à Bruxelles, invitée d’un débat à l’Institut du monde arabe à Paris, fait un tour d’horizon de la situation au Proche-Orient.
http://www.france-palestine.org/article13511.html
C’est une soirée de retrouvailles qu’avait organisée, jeudi, le CJPP5 (comité justice et paix en Palestine et au Proche-Orient, du 5e arrondissement) en invitant Leïla Shahid à parler de la politique de l’Union européenne face au conflit israélo-palestinien. Quatre journalistes [1] étaient là pour la questionner.
La représentante de la Palestine auprès de Bruxelles a d’abord dit le mal qu’elle avait eu à se repérer dans « le maquis des institutions de l’UE », décrite comme « un monstre à trois têtes » qui « avance par millimètres et à tout petits pas ». L’un de ces pas, c’est le texte adopté le 8 décembre par les ministres des Affaires étrangères de l’UE qui affirme que Jérusalem doit être la capitale de deux États, Israël et la Palestine, et que les colonies construites dans les territoires conquis par Israël en 1967 sont illégales, y compris celle de Jérusalem-Est. Preuve de son importance, « jamais, dit Leïla Shahid, les Européens n’ont subi autant de pressions de la part d’Israël ». Elle salue « le courage » de la présidence suédoise, faisant un parallèle avec la présidence française qui avait tenté d’imposer un rehaussement des relations avec Israël en en faisant un quasi-membre de l’UE, décision que « le Parlement européen a heureusement bloquée ». C’est la seule bonne nouvelle.
Pour le reste, elle voit surtout des raisons d’inquiétude : la division interpalestinienne, constitue, dit-elle, « le défi le plus grave que nous ayons eu en soixante ans ». Il y a aussi « le risque d’une attaque contre l’Iran, qu’Israël utilise pour occulter le problème palestinien ». « Ce serait la fin du monde car Israël a 200 têtes nucléaires et l’Iran, des missiles qu’il enverrait sur Dimona. »
Son espoir réside non dans les États arabes « coupés en trois mondes – Machrek, Maghreb, Golfe – et en proie à une crise d’identité réelle, et pas fictive comme en France », ni dans les États-Unis, où « le président a changé, mais pas les institutions », mais dans « la Turquie, qui constitue un pont et une vraie aubaine pour l’Union européenne ».
[1] René Backman, du Nouvel Observateur, Dominique Vidal, du Monde diplomatique, Denis Siffert, de Politis, et Hassane Zerrouky, de l’Humanité
16 novembre 2009
HOMMAGE DE MAHMOUD DARWICH A ARAFAT
(11 Novembre 2005 )
En chacun de nous,
quelque chose d’Arafat
( Mahmoud DARWICH )
Yasser Arafat nous a surpris en ne nous surprenant pas. Comme si la concomitance de la maladie de l’homme et de la maladie du discours imposait l’épilogue et empêchait le héros tragique de marquer de ses traits propres le destin. Pas de miracle cette fois, pas de coup de théâtre depuis que la tragédie, changée en long feuilleton télévisé, est devenue quotidienne, familière et banale.
Yasser Arafat nous avait graduellement familiarisés avec les adieux. Il nous avait habitués à une mort non convenue et non annoncée, sous un bombardement aérien ou dans l’écrasement d’un avion au désert. Mais le sort l’ayant à maintes reprises miraculé, il précédait la mort vers la vie, et nous ressuscitions avec lui dans la migration vers une destinée scintillant de la beauté de l’impossible et d’une poésie pastorale qui nous aidait dans la traversée de l’interminable chemin.
D’un exil à l’autre, notre question s’éloignait de la terre de la question et... s’en approchait avec l’éloquence d’un sang qui dessinait les bannières, et nous disions qu’il fertilisait l’idée, ravivait la mémoire et abolissait les frontières entre le réel et le légendaire.
Nous avions besoin de la légende, nous en avions même déjà écrit certains chapitres, mais la légende avait besoin de réalité. Le légendaire franchira-t-il la barre du réel ? La question est remise à plus tard.
Yasser Arafat est l’homme qui, associant pragmatisme et conviction, a réussi à apprivoiser la contradiction dans les exils ; le dirigeant qui, par les grâces d’un dynamisme hors du commun, la fusion totale de ses vies privée et publique et son acharnement au travail, est devenu un symbole.
Ingénieur de formation, il n’a pas balisé les routes. Il les a creusées entre les champs de mines. Il faudra du temps à l’Histoire pour trier les archives de cet homme- phénomène. Mais elle peut d’ores et déjà lui décerner la grande médaille de l’art de la survie, d’ores et déjà s’arrêter sur cette aventure qui, allumant le feu dans la glace, releva du prodige.
Yasser Arafat a dirigé une révolution contraire à tous les calculs. Parce qu’elle est peut-être venue avant son heure ou après, ou parce que les rapports de force dans notre région interdisent à quiconque de faire craquer ne serait-ce qu’une allumette à proximité des champs de pétrole et de la sécurité d’Israël !
Il n’a remporté de batailles militaires ni en exil ni dans la patrie. Mais il a été victorieux dans le combat pour la défense de l’existence nationale. Replaçant la question de Palestine sur les cartes régionale et internationale, il a imposé l’identité nationale du réfugié palestinien, jusque-là confiné dans l’absence. La réalité de la Palestine désormais inscrite dans la conscience universelle, Yasser Arafat a réussi à convaincre le monde que la guerre commençait en Palestine... et la paix également.
Plié avec un soin à la fois fidèle aux coutumes et symbolique, son keffieh devint le signe moral et politique de la patrie. Mais, ayant concentré toutes les questions en sa personne, il nous devint dangereusement indispensable... tel le père de famille qui ne veut pas voir ses enfants grandir et compter sur eux-mêmes. C’est ainsi qu’il nous inculqua, plus d’une fois, la peur d’être un jour orphelins, la peur que notre grande idée ne s’estompe s’il venait à disparaître. Et il se joua tant de fois de la mort que l’inconscient collectif palestinien s’emplit de la croyance qu’Arafat ne pouvait mourir, et sa légende effleura alors les frontières du métaphysique.
Mais des surprises se préparaient ailleurs. L’homme symbole venu des textes grecs avait besoin d’alléger les pesanteurs de son propre mythe car le pays réclamait désormais gestion et institutions, la fin de l’occupation, mais par des moyens nouveaux. Placé sous le regard de tous, Yasser Arafat se retrouva exposé aux reproches, aux rumeurs, à la contestation. Mais les héros, tel est leur sort, toujours acculés à des batailles inégales face à l’ennemi, doivent aussi préserver leur image dans l’imaginaire populaire.
Or lui, maîtrisant l’art de négociateur de Saladin et habité par la tolérance d’Omar, n’est pas venu monté sur son cheval blanc ou à pied devant son dromadaire. Il est venu vers sa réalité nouvelle porté sur les accords d’Oslo, dont les fondements sécuritaires grands ouverts sur d’obscures intentions faisaient peu de place à l’espoir. Mais il est quand même revenu avec à l’esprit une pensée optimiste : après tout, le prophète Moïse lui-même n’est pas revenu dans la Terre promise !
C’est un premier pas vers l’Etat, disait-il. Et il savait que la Palestine demeurait encore là-bas, dans les questions non résolues telles celles de Jérusalem ou du droit au retour, que le chemin vers leur solution passait non par les accords d’Oslo mais par les principes de la légalité internationale. Et il savait que ces principes n’avaient plus vraiment cours dans le monde unipolaire, celui-là même qui venait d’introniser Israël en puissance sacrée dispensant à la Maison Blanche ses enseignements célestes. Et il savait que le protocole présidentiel, les cartes d’identité et les passeports n’étaient pour les responsables israéliens qu’un bon moyen de divertir les affamés d’indépendance par quelques repas frugaux et rapides. Et il savait et savait qu’il n’avait fait que quitter la prison de l’exil pour une prison meublée de l’image des choses, non de leur réalité, et qu’il avait besoin d’une autorisation pour aller de sa prison de Ramallah à sa prison de Gaza, sur un tapis rouge, il est vrai, et au son d’une fanfare...
Ainsi débuta la tragédie du président, ainsi se déclara son mal politique et moral. Soumis aux conditions israéliennes impitoyables, ce grand prisonnier qui ne pouvait adhérer à la vision israélienne des choses ne pouvait plus pour autant revenir à l’énoncé originel du conflit. Et le fait que, des deux partenaires, c’était l’Israélien qui, regrettant la conclusion des accords, avait trahi ses engagements ne lui était d’aucun réconfort. Dès lors, que faire ?
Nul ne peut contester le droit des Palestiniens à résister à l’occupant. La deuxième Intifada est venue exprimer leur volonté nationale et leur désir de redonner vie à l’espoir par une paix véritable qui consacre l’idépendance et la liberté. Mais un grand débat interne demeure quant aux moyens à mettre en oeuvre pour satisfaire les aspirations tout en évitant le piège de l’affrontement armé, tant désiré par un Ariel Sharon soucieux d’inscrire sa propre guerre contre les Palestiniens dans la guerre générale contre le terrorisme.
Yasser Arafat ne pouvait plus, dès lors, qu’espérer une rébellion du destin, un miracle rétif aux temps présents. La Mouqata’a, son siège et seul domicile, s’effondrant une pièce après l’autre, il répétera avec un timbre prophétique : "Martyr, martyr, martyr", et les Arabes auront, l’espace de quelques instants, la chair de poule... Mais la répétition rend toute tragédie banale, et le siège d’Arafat relèvera de l’ordinaire des jours... Trois ans de vie empoisonnée, trois ans à respirer un air insalubre, trois ans d’invectives américaines - "il n’est plus qualifié pour..." -, trois ans d’acharnement israélien pour tenter de le dépouiller de ses prérogatives, au premier rang desquelles sa force de symbole.
Mais les Palestiniens ont cette capacité à toujours produire du symbolique : le siège du président est le symbole de notre encerclement, sa souffrance, le symbole de notre souffrance, et il est avec nous et en nous et comme nous, et nous l’aimons parce que nous l’aimons et nous l’aimons parce que nous n’aimons pas ses ennemis.
Il ne nous a pas surpris, cette fois. Nous ayant préparés à un adieu non suivi de retrouvailles, l’assiégé est sorti du siège. Parti à la rencontre d’une mort en exil, il a mis les dernières touches à sa légende. Mais il nous a laissé un peu de temps. Pour que notre tristesse apprenne à s’exprimer de façon seyante, pour que chacun de nous atteigne l’âge du sevrage.
En chacun de nous, quelque chose de lui. Il est le père et le fils. Le père d’une phase entière de notre histoire. Le fils dont nous avons formulé les mots et tracé l’image.
Lui parti, nous ne disons pas adieu au passé... mais nous entrons dans une nouvelle histoire, béante sur l’inconnu.
Trouverons-nous le présent avant de craindre l’avenir ?
15 novembre 2009
21 ans après la Déclaration d’Indépendance
COMMUNIQUE DE L’AMBASSADE DE L’ETAT DE
PALESTINE :
Vingt-et-un ans après la Déclaration
d’Indépendance
Il y a 21 ans, le Président Yasser Arafat, alors
président du Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine,
prononçait solennellement la déclaration d’indépendance rédigée de la plume du
grand poète palestinien, Mahmoud Darwich. C’était à Alger le 15 novembre 1988,
lors de la 19ème Session du Conseil National Palestinien.
Exerçant
le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, à l’indépendance
politique et à la souveraineté sur son sol, le Président Arafat avait alors proclamé « l’établissement de l’État arabe de
Palestine sur la terre palestinienne, avec pour capitale Jérusalem AI-Qods
AI-Sharif » pour tous les palestiniens où qu’ils soient. Cette déclaration historique, se basait sur la primauté
du droit et de la légalité internationale incarnée par les résolutions de
l’Organisation des Nations unies depuis 1947. Elle reprenait les principales
revendications du peuple palestinien dont le droit au
retour pour les réfugiés palestiniens selon la résolution 194 de l’Onu, ainsi que
l’illégitimité de l’occupation israélienne de Jérusalem-Est (Al-Qods). Ces
revendications soumises à la communauté internationale restent une véritable charte des exigences nationales
palestiniennes et la clé de la paix.
Par
cette déclaration, la direction palestinienne consacrait la solution de deux
Etats, et permettait le déclenchement du
processus politique qui allait suivre et aboutir aux accords d’Oslo. Cela
impliquait le sacrifice de la majeure partie de notre territoire historique (78 %)
afin de permettre l’établissement d’un Etat Palestinien sur les 22 % restant
toujours occupés. Il s’agissait d’un véritable tournant politique pour le
peuple palestinien qui connaissait un contexte difficile avec la répression
israélienne contre l’intifada populaire commencée en 1987. En soutien aux
droits inaliénables du peuple palestinien et de sa juste cause, près de 120
Etats avaient alors reconnu et soutenu l’Etat palestinien dont le pays frère du
Mali (17ème pays l’ayant reconnu).
A l’aube d’un moment décisif pour le peuple
palestinien, l’Ambassade de l’Etat de Palestine au Mali, rappelle qu’après plus
de 18 ans de négociations, le processus de paix dans sa globalité est
aujourd’hui dans une impasse. Elle rappelle qu’il n’y aura pas de reprise de
négociations sans un arrêt complet de la colonisation sur l’ensemble des
territoires occupés palestiniens, comme l’a rappelé dans son discours le
Président Mahmoud ABBAS. Depuis les accords d’Oslo, les
gouvernements israéliens successifs ne cessent de saboter la possibilité
d’établir deux Etats sur les frontières du 4 juin 1967.
Le Gouvernement
israélien fascistes et raciste n’a aucunement l’intention de poursuivre le
processus de paix engagé depuis 1993, ni exécuter les exigences de la feuille
de route du quartet en vu de reconnaître
et concrétiser la solution de deux
Etats.
Le Gouvernement de Netanyahu/ Barak/ Libermann
intensifie la confiscation de nouveaux territoires palestiniens, expulse la population palestinienne de
Jérusalem-Est, poursuit la construction du Mur de l’Apartheid et accentue les
agressions des colons contre la Sainte Mosquée Al-Aqsa et les Saints lieux
Chrétiens et Musulmans, ne laissant aucun choix pour la paix.
Conscients de la gravité de la situation, la
direction palestinienne envisage toutes les solutions et des choix alternatifs,
si la solution de deux Etats devient impossible à cause de l’occupation
israélienne et de sa colonisation rampante.
L’Ambassade de l’Etat de Palestine appelle, en
cette date historique, la communauté internationale et en particulier le
Conseil de Sécurité, à assumer sa responsabilité de protéger le peuple
palestinien, à rendre sa crédibilité au processus de paix, à donner une réalité
à l’Etat palestinien et à mettre fin à l’impunité d’Israël et sa protection
contre la légalité et le droit international. Elle invite les Etats et la
Communauté Internationale dans son ensemble, à concrétiser la souveraineté et
l’Indépendance de l’Etat palestinien sur les frontières du 4 juin 1967 avec
Jérusalem-Est, Al-Qods, comme capitale en vu de rendre justice au peuple
palestinien, propriétaire historique de
la Palestine.
Bamako, le 15 novembre 2009
11 novembre 2009
5è anniversaire de la mort de Arafat : Donnons à la Palestine la paix qu’il a tant désirée
Ce 11 novembre, la terre de Ramallah se souvient, certainement de Yasser Arafat, disparu cinq ans plut tôt, jour pour jour. Mais à l’hôte illustre, elle ne pourrait offrir la fleur que Mahmoud Darwich a voulue de tout son être et qu’il n’aura pu faire pousser, faute de jardin sur cette terre qui lui appartenait, mais dont chaque once lui a été retirée avant d’être mise sous surveillance vingt quatre sur vingt quatre, souvent bombardée et submergée de larmes de crocodiles au rythme des sessions des Nations-Unies ou des shows de l’Amérique, ce G1 du fait du prince dont seul Israël sait bénéficier.
Certes, Yasser Arafat est parti depuis seulement cinq ans suivi plus tard de son célèbre compagnon, le poète Darwich couché près de lui. C’est peu, comparé à l’âpre vie de combat que fut la sienne pour une Palestine libre et maîtresse de sa terre spoliée. Une Palestine dont le texte de l’indépendance lu par Abou Mazen lui-même mais écrit dans son sang par le même Darwich ne lui a pas apporté la paix désirée. Qui veut aller se recueillir sur les apôtres dont elle fut le prolifique berceau mais qu’on rafale à vue.
Une Palestine voulant les choses les plus routinières mais pour laquelle tout est rendu plus compliqué. Et dont la douleur se résume dans ces vers majestueux de Darwich, encore lui : Je quête un enfant souriant au jour/Non une place dans la machine de guerre/Je suis venu ici vivre le lever des soleils/Non leur coucher. Parce que Arafat s’est battu cinquante cinq ans, a subi toutes formes de brimades et d’humiliation pour qu’un jour, ses filles puissent prendre le café sur la terrasse, sans prendre une balle perdue, dans un pays libéré et prêt à donner au monde ce qu’il a le mieux produit : la spiritualité. Hélas, le chemin est encore loin.
La bande de Gaza a connu, il y a un an, le
retour de la bête. Le rapport Goldstone qui constitue la plus belle
oraison funèbre pour Arafat comme Darwich pourrait être le point de
départ d’une paix juste et durable pour une terre qui mérite enfin de
vivre. Obama et tous les autres puissants de la terre ont l’opportunité
historique de mettre fin à la tragédie d’un peuple. S’ils consentent à
le faire, sans comédie et sans calcul, ils apporteraient l’éternité à
un héros qui appartient désormais au patrimoine de
l’humanité.
Adam Thiam
Le Républicain, 11 Novembre 2009
08 janvier 2009
Vœux du corps diplomatique au chef de l’Etat : un accompagnement précieux
La journée marathon de présentation des vœux au chef de l’Etat a pris fin mardi après-midi, par l’intervention des diplomates et des représentants des organisations internationales accrédités dans notre pays.
Dans son message, le doyen du corps diplomatique, l'ambassadeur de la Palestine, Abderrahim Abou Rabah, a apprécié les réalisations du gouvernement durant l'année écoulée dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'emploi, du désenclavement, du développement agricole. « Ces réalisations ont été faites dans un contexte économique difficile marqué par le renchérissement des prix des denrées alimentaires et des hydrocarbures ainsi que la crise économique mondiale », a-t-il souligné.
Le diplomate palestinien a salué le chef de l'État pour sa disponibilité à « être toujours à l'écoute des populations rurales » et à inaugurer en personne les infrastructures à l'intérieur du pays. Abderrahim Abou Rabah a cité en exemple les récentes inaugurations de la route de Gao-Ansongo-Labbezanga, celle de Narena, les stades de Bougouni, Koutiala et San, les stations régionales ORTM de Gao et Tombouctou.
Le porte-parole des diplomates a aussi salué le président Touré pour ses efforts dans la libération des otages étrangers et maliens et pour "son courage et sa patience" dans le règlement de la crise du nord du Mali. Il a souhaité le retour de la paix dans cette partie du pays et salué la tenue prochaine d'une conférence des chefs d'État sur la paix, la sécurité et le développement dans la bande sahélo-saharienne.
L'ambassadeur de la Palestine a saisi l'occasion pour évoquer la situation de son pays sauvagement agressé par son voisin Israël.
En réponse, le président de la République a salué l'appui et l'accompagnement des pays amis et organisations internationales au développement du Mali. A ce propos, Amadou Toumani Touré s'est réjoui de la tenue de la Table ronde des bailleurs de fonds et souhaité la concrétisation des engagements pris à cette occasion.
Le président Touré a aussi souhaité la continuité de l'élan de coopération et de partenariat avec l'ensemble des bailleurs de fonds, afin de permettre à notre pays de relever les défis de 2009. Il a réaffirmé l'engagement de l'État à poursuivre le processus de décentralisation et invité les partenaires à soutenir la tenue des prochaines élections communales.
Evoquant la situation dans le nord, le président Touré a réaffirmé sa volonté à faire régner la paix et la sécurité dans cette partie du territoire et assuré que notre pays "gardera sa position de sagesse et du sens de la mesure à ne pas faire d’amalgame entre les communautés touareg et arabe avec les bandits armés".
Le président de la République a, au nom du peuple malien, condamné l'action militaire d'Israël dans la bande de Gaza en Palestine et appelé à un arrêt immédiat des bombardements. Amadou Toumani Touré a réitéré le soutien du Mali au droit du peuple palestinien à vivre dans un État aux frontières reconnues par la communauté internationale.
M. KÉITA
L'Essor





